Fetch’ment Fetch

 

Il ne « raconte » pas, il « pitche ».

Il « n’espère » pas le bouche-à-oreille, il le «provoque ». Et pour notre rendez-vous au Pinoch’, il m’a indiqué par mail préférer l’intérieur gauche, « plus tranquille pour travailler », à la terrasse franchement ensoleillée. Alors je suis arrivée en avance. Me suis assise à l’intérieur, le plus à gauche possible. Et j’ai ouvert mon cahier. Presque intimidée. Pile à l’heure, costume sombre, regard franc, Jean-Charles Kurdali s’avance, et opte… pour la bise. Il a 24 ans.


Fetch, de l’anglais, « aller chercher », est un service-de-livraison-à-vélo-de-plats-réalisés-par-des-restos-qui-ne-livrent-pas…

…et la révélation nocturne d’un entrepreneur cinéphile. « C’était le 6 janvier. J’étais allé voir « A most violent year », film dans lequel on parlait de pétrole, et de livraison par cargos. Le soir-même, l’idée surgissait». En quelques minutes, Jean-Charles s’était refait le scénario. Il avait viré la  la violence -et Jessica Chastain-, remplacé pétrole et cargos par nourriture et informatique. Et conservé la livraison. Tout Fetch quoi.

Le concept défini, il fallait maintenant le tester de jour… et rameuter. Car il le sait : point de Fetch sans fetcheurs. Alors il pitche et repitche… Et ça marche. Il embarque quelques copains, emballés. « Tout le monde me disait que le concept allait cartonner, puisque l’idée était bonne. Sauf que l’idée ne compte pour rien dans la réussite d’un projet ». Ah ? « Il fallait réaliser une étude de marché ». Bien sûr.

Porte à porte, pas à pas… il comprend vite que Fetch correspond à une envie des clients, et des restaurateurs eux-mêmes.

VlP – Very lucid person

Lancé mi-juillet, le service compte aujourd’hui 12 restaurants partenaires et quelques centaines d’abonnés. « Seuls les gens inscrits ont accès au site de commande, qui ne fonctionne pour le moment que le jeudi, midi et soir ». C’est qu’en jeune homme organisé et chef d’entreprise avisé, Jean-Charles préfère voir la charrue suivre les bœufs. D’assez loin. « Nous fonctionnons par liste d’attente. Ce système fait des clients des VIP, et il nous permet de gérer les volumes ».

 

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A 24 ans, Jean-Charles donne l’impression d’avoir vécu mille vies. Pas totalement vrai… mais pas complètement faux non plus. «Jusqu’à l’an dernier, je gagnais ma vie comme joueur de poker ». Avant ça, il se serait bien vu joueur de tennis professionnel -il était 15/5 à 15 ans-.

Emane de lui une immense lucidité. Celle de l’homme qui, déjà, se connaît bien… et se méfie. « Je suis un passionné, un compétiteur. Alors quand je ne me sens plus challengé, en général j’arrête tout. Cette fois-ci, je compte bien tenir la distance». Entouré de collaborateurs dont il exige le même « goût de progresser », il tient beaucoup aux conseils délivrés par les mentors de la Papinière (incubateur de start up). Et sa mère ? « Elle me soutient, mais aurait préféré que j’aie un taf normal »… Fetch, c’est bien aussi.


Pour commander, c’est ici !

 

Jean-Charles a lancé un blog dédié à aux rouages de la vie de jeune entrepreneur.

 

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